Avant les Fusains ? Il y eut « le Château » à Penchard. Avec la rigueur scientifique et l’objectivité qui le caractérise, Yves nous conte comment la famille fit l’acquisition de la maison de Saint-Georges

1968 : mort de Pierre Voisin, père bien aimé de Bouma. Cet homme avait fait une « belle guerre » en 14 et s’étant trouvé tout désœuvré à sa démobilisation autoritaire, trouva 3 occupations pour poursuivre sa carrière avortée :

  • Assureur à l’Abeille, compagnie éminente de l’époque, mais qui ne le promut jamais aux bureaux du 10° étage,
  • Ancien combattant (il fut jusqu’à trésorier de multiples associations et son rôle principal consistait à tester plusieurs restaurants pour les assemblées générales et les commémorations de l’année, compter 20 associations à 8 mai-11 novembre-AG ordinaire-AG extraordinaire multiplié par 5 restos testés, on arrive vite à 320 jours de « gueuletons », imaginez la tronche des coronaires qui n’y survécurent pas),
  • Plongeur dans la boite à bijoux de « Grand’maman » Deschesnes (avec 3 « s » !) pour améliorer un peu les maigres émoluments d’assureur-absent-toutes-les-après-midis.

Mise au point (indignée) de Bouma :

Primo quand grand père réussit à avoir une situation stable à une compagnie d’assurances nommée l’Union il gagna très correctement sa vie. Secundo nous avons habité à Sèvres ds une très belle maison. Tertio la vente de St Mathurin à Vouvray a sûrement été un déchirement pour Grand Père et Grand Maman.

Grand-père

Grand-père

Grand-mère

Grand-maman

Le « Château » de mon grand-père

Il avait fait l’acquisition en 1956-1957 d’une belle maison bourgeoise dite « le Château » à Penchard (Seine et Marne). Cette propriété comportait une maison principale de 2 étages et rez-de-chaussée, une « petite maison » où mon grand-père s’installait en hiver, un atelier et quelques petites dépendances mystérieuses.

Penchard, vers 1962 Joelle     -     Claire Yves-Eliane-Christine Perier-Catherine Philippe-Sylvie Perier-Marie-Anne-Jean-François Perier

Penchard vers 1962
Joelle – Claire
Yves-Eliane-Christine Perier-Catherine
Philippe-Sylvie Perier-Marie-Anne-Jean-François Perier

On y accédait par la « Cour d’honneur » entre deux rangées de rosiers emmaillotés de buis bien taillés. A l’arrière un grand jardin à 2 pelouses, quelques arbres centenaires et un petit sous-bois où cacher un portique aux agrès menaçants. Sortant du jardin et poursuivant quelques mètres sur le « Chemin de la Liberté », le « Potager », royaume de l’oncle François, ingénieur agronome , sculpteur de nue en marbre blanc, photographe talentueux et grand amateur de papillons qui lui permettaient d’échapper par l’esprit aux tenailles fermement serrées par Tante Christiane, son épouse et sœur de Bouma. Ce potager possédait un tennis découvert par hasard sous une forêt de sureaux déjà adultes et défriché à la Kalachnikov par Bon Papa avec une énergie qui lui valut la Grand-Croix de l’ordre du revers croisé et du million d’aoûtats.
C’est là que nous avons passé week-end et vacances, « les Cousines » et nous. Nous y apprirent la marelle, le tricotin , à développer les photos au soleil, la soupe de vrais marrons et le tennis (enfin, un peu…).

Yphilmar, ou Abri-côtier, les noms auxquels vous avez échappé

Yves et ses cousines, circa 1958

Yves et ses cousines, circa 1958

1969 : Donc, vente du « Château » et achat pour « Les Cousines » d’une superbe villa de 3 pièces sur bunker d’époque à Vaux-sur-mer (mais la Tante Christiane a toujours dit que c’était Pontaillac, bien plus en adéquation avec sa classe naturelle) d’où l’on voyait passer les bateaux (bref vue sur la mer, privilège insigne que nous n’aurions jamais). Pour nous, expulsés de « Marie-Claire », pourtant maison familiale de la famille Bonifay puis Bonifay ~Prost-Maréchal~Champenois, puis encore Guilleminot~Farge~Drianourt~Brésard et consorts (pas trop), soit environ à l’époque des faits 60 personnes de ma génération, 25 de celle de nos parents et quelques grands-parents et aïeux, car on meurt vieux dans cette famille, ce sera « Les Fusains », nom qui sera conservé malgré un concours d’idées n’ayant jamais produit que « Yphilmar », « l’Abri-côtier », mais je vous rassure, jamais « Ca me Suffit » ! Nous étions donc séparés après tant de jours et de nuits à voir Grand-maman mettre de la crème de lait dans son café du matin, Grand-père essayer jour après jour de devenir maire de Penchard contre le bistrotier du coin, Bon-papa rêver de l’accorte crémière au teint si laiteux et Bouma sangloter devant le peu d’aide apportée par sa sœur généralement enfermée dans son « pavillon » avec une éternelle « crise-au-foie ». On s’était bien promis de se revoir puisqu’on habitait à quelques kilomètres, mais ce lien se distendit peu à peu…