La porte d’entrée des Fusains était en train de rendre l’âme et comme vous le savez tous, elle était l’âme de cette maison.

Nous avions tous constaté qu’elle s’ouvrait mal, qu’il fallait lui botter le fondement pour parvenir à l’ouvrir, que malgré des passages au rabot du type « corvée de bois » du général Massu et des liftings quasi annuels à la glycéro, notre Catherine Deneuve verte s’imbibait chaque hiver de tous les embruns de la côte…

Quelques morceaux n’étant plus tenus par la peinture et ayant chu sur la tommette historique, il fut décidé de rechercher un entrepreneur compétent et disponible pour fabriquer et poser une nouvelle âme.

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Notre choix se porta sur l’entreprise Larousse-Ménard à Médis après des discussions serrées sur le contenu du « Cahier des Charges » :

  • La nouvelle porte devra être d’aspect identique à l’existante (hauteur, moulures, etc…)
  • La grille de défense (contre les voleurs en espadrilles ?) devait être démontée et remontée,
  • Les quincailleries devaient être au goût de la « Reine Mère ».

La négociation fut âpre et notre entrepreneur charentais utilisa toute sa bave de cagouille pour imposer ses « obligations règlementaires » (en fait ce qu’il savait faire et ce qu’il voulait bien faire). Nous aurions donc :

  • Une imposte fixe et donc une porte plus petite mais aussi large – OK
  • Une serrure 3 points à la norme européenne avec 3 clés – OK
  • On peut vous faire sabler la grille… mais y’a un sus ! – On verra …
  • Pas de fente pour le courrier, vous perdriez tout l’intérêt d’une porte étanche aux gaspis ! – OK
  • La fenêtre derrière la grille sera équipée d’un double vitrage argon (épaisseur totale 24 mm au lieu de 4 aujourd’hui … C’est la norme !!!) – OK mais on choisit le verre cathédrale. Horreur, le modèle de 1896 ne se fait plus, bon, on se rabat sur un vitrage chiotte de presbytère afghan…
  • Les quincailleries ne pourront pas être une poignée en porcelaine (âme ultime de l’âme !), mais une béquille à choisir dans le catalogue des fers forgés de Tizi-Ouzou… Bon d’accord, mais si on peut la peindre, on fera avec !!!
  • Et il faudra la faire peindre pas trop tard !
  • Délai, fabrication 6 semaines, on pourra donc poser vers le 15 décembre !

Petit passage en novembre pour régler les derniers détails, démontage de « l’Inusable, » la 3ème âme de cette œuvre au vert…, On est paré !

1er décembre, pas de nouvelles… Mail pas de réponse
16 décembre :
– « Allo Mr Guilleminot, on peut poser lundi, ça vous va ? »
– « Arghh !!! Euh, bon, oui, mais là vraiment, ça va pas le faire ! »

Rendez-vous est pris pour le 8 janvier 2014.

7 janvier au soir, passage chez Labrousse,
–  » Tout va bien, vous serez là à quelle heure demain ? … »
– « A 8h30, mais on n’a pas commandé la bonne béquille, elle est trop courte ! »
– « Non mais allo quoi …? »

8 janvier 2014, 8h30 du matin, il fait encore presque nuit, arrivée de l’équipe Labrousse-Ménard.

  • 9h, recherche des pattes de scellement du dormant (qui n’est pas bien réveillé)
  • 9h30, l’âme est sur le flanc
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  • 11h20, l’affaire est bien engagée !
  • 12h déjeuner de l’équipe ….. Jusqu’à 13h30 bien sonnées
  • 13h45 – Calfeutrement à la mousse (pas au chocolat), nous on va faire un tour dans la campagne pour ne pas gêner…
  • 18h30, c’est fini !!! Pas mal non ? Et la béquille va bien en plus !
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Mise à jour avril 2014 :
la boîte aux lettres nouvelles est arrivée, la peinture « vert Didonne » est posée… Tout baigne !

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